Révisions pour « Cinquante »

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lun, 10/31/2016 - 18:13 par dbourrion
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mar, 08/16/2016 - 19:09 par dbourrion
mar, 08/16/2016 - 19:09 par dbourrion
mar, 08/16/2016 - 19:07 par dbourrion

Copie de la révision du mar, 08/16/2016 - 15:37.

mar, 08/16/2016 - 15:39 par dbourrion
mar, 08/16/2016 - 15:37 par dbourrion
mar, 08/16/2016 - 15:37 par dbourrion
mar, 08/16/2016 - 15:35 par dbourrion
mar, 08/16/2016 - 15:35 par dbourrion
mar, 08/16/2016 - 15:33 par dbourrion
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lun, 08/15/2016 - 11:51 par dbourrion
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dim, 08/14/2016 - 16:24 par dbourrion
dim, 08/14/2016 - 16:12 par dbourrion

Personne sans doute et moi tout le premier pour miser un kopeck sur mes chances d'entrer un jour ici — il y avait eu les deux échecs avant, l'éloignement aussi entre les chemins pris toutes les années avant du côté des techniques, du scientifique, et celui-là maintenant emprunté, la langue, le verbe, le flou aussi qui est comme la seule forme où l'on puisse être précis je crois mais finalement voilà, après un été long comme jamais dans l'usine blanche en bas et octobre déjà pris en sa moitié quasi il est temps d'arriver sur l'île, elle l'est vraiment, une île, il faut passer le pont pour entrer en domaine, j'y vois une sorte de symbolique, pour moi au moins ça ressemblait à ça, un bateau ivre et moi enfin dessus, le bâtiment ne paie pas sa mine c'est bas et gris et triste un peu mais dans ce coin-là du pays ça l'est souvent, visage béton et grumeleux une peau usée je passe la porte et ne comprends mais rien, ce sont de longues files d'attente et des dossiers semblant sans fin d'empilements d'options et puis des jours plus tard de longues listes où il s'agit de retrouver son nom dedans des groupes constitués on ne sait comment avant d'aller errer dans les couloirs trouver la bonne salle la bonne porte c'était plus facile dans l'amphi ils étaient peu immenses juste à gauche passés les portes de verres avant il y avait ce sas une chicane permettant d'écouter qui enseignait de s'assurer que c'était là avant d'entrer sous des centaines de regards le mieux en conséquence était d'être toujours le premier de se poser au fond un réflexe de gangster ne jamais être proche de l'entrée avoir toujours le dos au mur savoir voisine une sortie de secours les premiers jours je ne parlerais à personne le doute d'être là à la bonne place, on ne perd pas si facilement ces habitudes, la méfiance de soi-même.

C'est même exactement, même bâtiment, mêmes couleurs, rien n'a changé vu du dehors (il faudrait y entrer pour voir) à part peut-être sur la droite ce rajout bas tout fait de vitres, on devine des bureaux venus après raccrochés là parce qu'il restait la place pour sur l'herbe encore, le reste pourrait tout aussi bien sortir de mes archives et un virage à 360 degrés rend même verdict, je ne vois rien changé ou presque (au dos l'ensemble en plein travaux que je sais vide maintenant, l'école d'ingénieurs que j'aurais dû intégrer si tout avait été est partie loin dans la banlieue et on démonte l'ancienne, je ne sais ce qui sera ensuite, on verra bien ; et puis il y a aussi le droit qui est venu s'installer sur la gauche et cet amphithéâtre comme une soucoupe en plein milieu, je ne sais plus s'il était là  — les arbres entre les routes qui font le tour du campus eux sont les mêmes, je le sais bien, on se posait dessous avec les premières chaleurs et quand je dis ce "on" je me demande qui est devenu quoi). 

La période juste est floue mais ce doit être au temps où j'allais vers Poitiers et puis plus bas sur la ligne fer qui était l'une des premières à cribler le pays de grande vitesse si je ne fais pas erreur, je traversais donc tout pour servir le drapeau, j'avoue en rire encore, le voyage aller puis retour toutes les quinzaines c'était via la grande ville c'était passer au travers de Paname ligne de métro la quatre c'était facile on ne voyait même pas le ciel on ne voyait même pas la ville on ne voyait que des couloirs crasseux comme des visages et puis un jour prendre le temps de remonter vers la surface au risque de rater la suite mais ça valait bien ce risque-là d'aller là-bas passer rapide au numéro 7 de la rue Bernard Palissy — on reconnaît l'adresse de Minuit, un phare en somme et la maison d'aucuns plus grands, je voulais voir et peut-être en croiser, de ces grands-là, j'imaginais je ne sais quoi, je me perdais, mon sac pesait et puis soudain juste au détour de l'abandon une façade simple et puis très blanche, une petite porte, une fenêtre, juste cela, une surprise, la nuit tombante et deviner en pièce du bas une silhouette, une lampe s'allume, je vois un crâne, je ne saurai jamais lequel, je suis resté un long moment gauche comme pas un à regarder cette lueur et ce crâne-là, il était temps de repartir, de retourner sous la surface, de grands auteurs je n'ai pas vu, de livres peu, juste une fenêtre, une lampe aussi, j'y pense souvent, à cette lampe, de celles qu'on allume pour aider ceux qui se perdent dedans le soir.

Sur le cliché la lampe est là mais au premier étage maintenant quand ma surprise demeure toujours de l'étroitesse de la façade, de cette porte minuscule par où les grands ne passent plus, morts à présent peut-être ailleurs ou peut-être nulle part, je ne sais pas, cela ne m'importe plus, l'aura me semble passée pas des auteurs bien sûr mais de la maison-mère et de ce monde-là, le monde du papier, une sorte de monde d'avant dans lequel j'étais abeille devant sa fleur, j'ai ce sentiment-là, de parler du passé même en parlant de là, de cette image-là datée toute récente puisque sa légende dit nous sommes en "juin 2015". 

Mais cependant il reste une lampe.

Alors le bruit et la fureur et puis le bruit et la fureur à devenir fous à devenir sourds après la route longue le parking plein les ombres dans les voitures le vigile lourd juste à l'entrée le sas le vestiaire le couloir la nuit partout peinte sur les murs noire noire noire le long couloir la longue nuit le battement des basses déjà dégoulinant dehors mais moins fort que ça soudain cette explosion jusque dedans le ventre les tripes la lumière juste derrière ou en même temps tomber dans la lumière son bruit le bar au centre et puis une sorte de rond d'ovale une vraie arène avec ses combats ses séductions plus souvent ses combats et ne jamais danser ne jamais se lancer attendre ce qui n'arrivait pas au bar comme à un port amarré pour toujours à boire à boire encore des sortes de marins perdus pour toujours qui ne verraient jamais la mer jamais d'autre horizon que leurs yeux vagues de plus en plus après sortir dans la nuit glacée comme jamais rentrer tenter la route dans l'autre sens rouler lentement ou bien à fond de train c'était presque pareil c'était l'autre fureur celle qui n'a pas de nom rentrer comme on pouvait se jeter dans son lit dormir comme mourir la bouche en sang d'avoir tant bu tant attendu tellement mordu les lèvres de la nuit et puis son bruit, son bruit qui nous laissait aveugles tout le reste du jour.

Une bâtisse basse, une ancienne fabrique de cuisine, je l'ai lu quelque part, on dirait maintenant abandonnée, peut-être même brûlée, le journal le dit, vide en tous cas ici et triste triste à pleurer en son juste milieu de rien ses champs ses collines qui courent loin alors donc c'était ça la discothèque où nous étions fous comme jamais, où tout était permis, et où rien n'arrivait, en tous cas pas à moi — c'est ces acteurs qu'on voit après le tombé du rideau sans fards, les rides, la fatigue terrible, la fête est terminée, chacun rentre chez soi, au moins, il n'y a pas de fossé, cela évitera de se faire trop mal si l'on sort de la route.

Comme un tableau l'étang, les saules, leurs feuilles sur l'eau nonchalantes filles, les herbes hautes fines au bord, attention de ne pas tomber, c'était un piège vrai, la glaise cédait vite, une cabane là-bas sur le fond et à droite lorsque l'on arrivait par le chemin tout lisse, la route n'était pas loin, vraiment, juste une cabane, quelques planches mal clouées, un banc je crois devant ou bien juste des planches encore vaguement ficelées pour faire de quoi s'asseoir, toujours tout de ginguois, les cannes restaient dedans posées raides dans un coin, on les sortait les emmêlait les lignes libérées planter un ver sur son hameçon le regarder se tortiller et puis pour ne plus voir ça lancer le tout à l'eau, commencait cette longue attente, des heures à regarder le bouchon immobile, de quoi devenir fou, ne t'approche pas du bord, le vieux sous sa casquette qu'on appelait Parrain, un oncle un grand-oncle je ne sais, jamais vu un sourire sous la casquette, jamais su ce qu'il faisait de ses journées quand il ne pêchait pas, et plus aucun souvenir d'avoir jamais sorti le moindre gardon de cette eau-là, grise froide métal, un très exact reflet du ciel dessus strié du vert des herbes, le vent dedans sifflait doucement, et jamais un poisson, pas plus qu'un sourire du vieux.

Il n'y a plus trace de rien à part peut-être cette boule d'arbre qu'on voit au fond et qui pourrait être un des saules, rescapé. La vue du satellite qui de son haut passe ici bas montre pourtant un gris rectangulaire, ça ressemble à l'étang, les dates ne concordent pas, la vue depuis la route est antérieure, quelque chose ne colle pas ou je ne comprends pas, ou bien depuis la route, des roseaux cachent l'eau, le vert masquerait le gris, il faudrait y passer, ralentir sur la route, s'arrêter un instant, remonter le chemin, je note ça quelque part mais pour la vieille cabane, elle est tombée maintenant, cela n'étonne pas, elle tenait déjà peu et quand le vieux est mort, elle a suivi sans doute — de poisson toujours pas, j'ai beau tout regarder.

L'escalier droit bois haut file ses deux étages à gauche suspendu dans un vide à droite c'est l'autre et sa toupie cachée dans le béton, une âme de basse lumière et quelque part un visage et puis deux restes oubliés cachés de quelque exposition, des lumignons, le noyau rouge de la montée venu je crois après, c'est juste peintures alors ça bouge souvent, on ne sait pas où on débouche c'est des plateaux immenses comme ça qu'on voit entre des pans de mots faisant rempart au bruit avec leurs bruits mais propres, de là en bas la rivière droite gauche et puis droite et face une coupole quelque chose des Amériques, la rivière laisse passer ses bateaux plats et bord la route, des phares et puis des phares quand dans la bibliothèque je me souviens d'avoir passé presque des nuits crevé le soir dans le feutre des heures, je me souviens des écrivains, celui qui était tout le rock, cet autre qui lisait droit debout, celui qui n'avait pas encore de barbe, ce qu'ils faisaient de délicat avec le fil du monde dans une tension douce, de celle qui ne vient que quand tombe le soir, que les lampes allumées alignées droites sont tout autant de phares, les étudiants dessous tête penchée, ailleurs et là encore. 

Je n'y suis pas entré, ne m'y sens plus le bienvenu, dedans maintenant je ne sais pas par contre je sais mes souvenirs.  

Je sais qu'il n'a plus rien ou bien plutôt qu'une nouvelle tour est là, je l'ai même vue de pas très loin, de l'autre côté de la rivière et cette dernière fois nous regardions monter doucement le long du verre une plateforme, un chargement tiré là-haut par une grue dont on voyait à peine puisqu'elle était réellement dans les nuages, la flèche, je sais que tout s'est effondré, nous savons tous où nous étions ce jour-là et comment c'est entré dedans nos vies et puis nos yeux et moi c'est par un messager cet enseignant de mathématiques qui ne me parlait que peu mais s'est rué dans mon bureau sans même frapper et a jeté plutôt balbutié quelque chose qui disait terroristes avions et puis même New York ses yeux exhorbités son visage rouge j'ai cru vraiment qu'il avait une attaque un AVC j'ai pensé brut il ne doit pas prendre sa classe mais c'était vrai tout le monde sait les images par la suite pourtant des images de guerre des attentats c'est devenu monnaie courante mais cet effondrement personne pour l'oublier le nuage gris noir de la haine roulant dedans les rues nous avions tous envie de fuir.

L'image date déjà on voit encore les grues tout le chantier c'est une image du passé posée encore sur le passé je voudrais là être là-bas marcher dans le petit jardin si calme derrière l'église avec ses tombes rongées même si quand on marche là-bas on sent les morts ceux sous la terre et ceux des tours, on sent les morts — le 11 septembre c'est tous les jours.

Au départ seulement un enterrement, celui du maire, pas le maire d'avant ni madame la maire de maintenant mais le père du maire d'avant, maire longtemps, ce n'était donc pas un petit enterrement, sur la place de l'église il y avait longues noires voitures et puis chauffeurs dormant dans la voiture dans leur attente, des histoires de préfets, de sous-préfets, des conseillers venu des villes autour, longues voitures noires et puis le corbillard, je crois que c'était encore la sorte de charrette que poussaient quatre hommes aux quatres coins, peut-être pas, je vois du noir partout en tous les cas et puis en plein milieu la neige est arrivée et c'était blanc, lorsque nous sommes rentrés dans l'église par le fond ça commençait à la sortie il y avait déjà haut comme cela qui nous était tombé sans s'arrêter et le long de la route vers le cimetière rien pour faire cesser le souffle blanc tout le temps de la mise en terre des paquets blancs tombés direct des nuages mercure et le café après cela ne cessait pas la nuit venue très tôt comme toujours on avait entendu passer les chasse-neiges et puis plus rien le lendemain toutes les écoles étaient fermées il avait fallu plusieurs jours pour que reprenne la course du monde quand nous passions dans les virages les congères folles repoussées par les lames d'acier faisaient un mur beaucoup plus haut que nous et blanc tellement blanc il fallait plisser les paupières pour garder juste nos yeux ouverts sur nos vélos nous étions comme entre les eaux ouvertes de la Mer Rouge.

C'est ce virage qui me reste mais là évidemment plus rien d'hiver dont j'ai l'image et c'est ici que reste ce mur de neige haute qui dépassait et même de loin nos têtes à bonnets laine — je ne sais pas pourquoi j'ai fixé comme si ma tête était une plaque cette photographie que personne jamais ne pourra voir, je la transporte partout et elle ne s'efface pas, cette neige-là jamais ne fond, je suis son hiver toute l'année.

D'abord la voix cassette audio et plus personne pour se souvenir de quoi je parle il y avait avec entrant une rocaille et le soleil dans tout l'appartement cour intérieure derrière la porte le quai et l'eau et puis après mais bien longtemps marcher dans la ville dans l'autre île ne rien croiser rien reconnaître de ce que l'on s'était construit d'images depuis les textes l'eau claire peut-être l'eau claire mais pour le reste une ville banale pourquoi écrire s'il n'y a rien dans la chaleur l'immobile vide chercher longtemps le cimetière et puis errer dans les allées ne pas trouver interroger lui ou bien elle personne pourtant pour nous aider finalement de guerre lasse s'en aller et juste avant de repartir découvrir là tout contre un mur le romarin en gauche de tombe en prendre une branche regarder long le nom gravé et haut le ciel dessus toujours.

Droits fins les arbres et blanc le mur on ne peut pas passer plus loin j'ai toujours là glissé en livre relié plein cuir le romarin — il a séché mais vit encore je sens ce qu'il porte de mots.

De l'immeuble d'à côté ne sortait aucune âme, je regardais souvent, jamais personne et les volets fermés à chaque étage, il y en avait ou deux ou trois, une maison de fantômes, en plein milieu seulement un étage semblait encore habité légèrement, aux fenêtres des rideaux sales et jamais écartés, pas un visage, j'imaginais une vieille dame propriétaire de l'ensemble et attendant toute seule la mort en refusant à présent de louer, pour moi c'était juste à côté de l'autre côté du mur ces quelques pièces et l'entrée où coulait un reflet de soleil, il avait fait que je dise oui le jour de la visite, la blonde de l'agence qui insistait il n'y a donc aucune source de chauffage et c'était vrai, j'avais dit oui quand même, il fallait aller vite, on s'arrangerait, un oncle bienveillant viendrait installer cet énorme truc dans la cuisine qui de flammes bleues empêchait que l'on gèle et puis on trouverait le même en plus petit sur ses roulettes, le woufff du gaz s'enflammant, le mur autour de la baignoire était comme vérolé, on ferait même le premier jour un trou dedans la dalle du sol et par lui on verrait la salle de bains d'en bas, en face des dizaines de fenêtres, derrière depuis le balcon minuscule la même chose, au coin la boulangerie toujours ouverte et dans la rue les arbres taillés à ras une fois l'an, je n'ai jamais trouvé la cave dont pourtant j'avais clef, je me demande encore où elle était, pourtant, une cave, ce n'est pas franchement facile à perdre.

Les volets maintenant se sont ouverts, la dame par moi sans doute inventée doit être morte mais pour le reste tout est pareil, je me demande si je pouvais sonner entrer monter comment est maintenant l'appartement, si le parquet est toujours aussi beau et bien ciré, et puis surtout si finalement quelqu'un a retrouvé la cave.

D'une sorte de pyramide jaune tubulaire j'ai la très vague image, et de son acronyme de trois lettres claquantes, aussi, je crois qu'ils ont construit cela juste quand j'étais dans le lycée tout proche, je ne suis entré là que par deux fois, la première soir il y avait concert c'était une sortie de lycée et du groupe je ne sais plus rien sinon qu'à une sorte d'entracte j'avais parlé quelques secondes avec le chanteur pour essayer de dire dans mon terrible anglais que j'aimais bien mais que le son était terrible et les basses toutes fermées it's great it sounds too loud une phrase comme ça son regard chevelu très effaré je l'ai encore et l'autre fois qui fonde ce souvenir il y avait quoi une sorte de foire littéraire j'étais venu avec un manuscrit dessous le bras n'osant même pas parler à la dame portant une maison locale d'édition j'ai attendu qu'elle tourne le dos pour déposer furtif l'enveloppe kraft sur son comptoir puis pour m'enfuir littéralement vous dire quelques semaines après elle avait pris la peine de m'écrire ce mot encourageant ce sont des gestes qui marquent je n'ai jamais oublié cela la preuve.

Le jaune est encore là mais l'acronyme a disparu c'est nom maintenant d'un politique dont il paraît c'est légende familiale que je l'ai attendu longtemps petit dans le village dedans le froid à sa venue seulement pour lui serrer la main parfois on se comprend même pas l'enfant que l'on était et pour le groupe je ne sais toujours plus qui ils étaient l'éditeur lui existe toujours du moins je vois sa présence web même si maintenant clairement je réalise que pour mon manuscrit il n'avait aucune chance et pas seulement parce que c'était de la mauvaise littérature. 

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